11.09.2008
La fin
Voilà, mon voyage touche a sa fin. J ai réussi a faire un tour du pays en a peu près 8 mois, mais ce n est bien évidemment pas le plus important.
L autre soir, en repartant de l'aéroport de Brisbane après de tristes aux revoirs, je suis resté planté, naïf, au milieu d une haute passerelle surplombant la ville et ses lumières nocturnes. Et là, peut être, avec cette musique dans les oreilles et en regardant toutes ces choses autour de moi, j ai enfin réalisé. J ai réalisé que ce que j avais vécu ici était exactement ce que j étais venu chercher.
Ce rêve qui vous envahit le soir avant de vous endormir, cette vague puissante qui vous somme de poursuivre vos envies. Là, seul au milieu de cette passerelle froide, j ai senti ce frisson de bonheur me parcourir malicieusement l échine pour finir au bout de mes cheveux. Ce frisson que l on aime tant et que l on ressent quand, soudainement, on arrive à faire abstraction de ces milliers de choses qui nous obscurcissent sournoisement l esprit et nous ramènent a la réalité, tristement matérielle.
Faire un grand voyage, c est aussi accepter de s assoir sur cette longue flèche mouvante pouvant parfois influer sur un destin. Accepter d attraper ce virus, malin et tenace, d envie de découverte et d inconnu. Accepter de changer, de s ouvrir, de tout remettre en question. Car cette satisfaction qui m envahit aujourd'hui vient aussi de toutes ces périodes de doute, de questionnement. En voyageant seul, on change beaucoup, et si l on doute, on en devient d une certaine manière plus fort. Ensuite, on apprécie juste des instants de bonheur, engouffré dans un bouillonnement social, jeune et rêveur.
Tous ces moments, tous ces gens et ces voix, tous ces lieux, ces musiques et ces nuances. Et tous ces silences. Surtout, toutes les vies différentes que l on mène en peu de temps, juste en se laissant porter par un vent doux et charmeur. Car c est bien un vent -une brise plutôt- qui m a capturé, envahi et transporté ici et là, sans explication véritablement rationnelle. Et cette brise capricieuse m a, à plusieurs reprises, delicatement porté vers un ailleurs, une autre vie. Qui n était à chaque fois, ni tout fait la même, ni tout a fait une autre.
Ce dimanche je prendrai l avion. Fatigué et avachi dans mon fauteuil classe éco, j aurai certainement des milliers d images qui défileront férocement dans ma tête, accompagnées de ce goût étrange, tenace, au fond du palais. Ce trou beant dans l estomac. Je me sentirai un peu perdu. Et me perdrai dans mes pensées, celle là, puis celle là, et là, encore une. J essaierai peut être de résumer, de classer, d assagir tout ce que j ai vécu ici, mais je n y arriverai pas. J aurai juste ce tout, cet ensemble, cet amalgame bouillonnant et impalpable qui bougera, vivra en moi. Et tous ces lieux, ces corps et ces âmes qui vibreront encore en moi.



