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17.02.2008
L auberge australienne
Je commence par remercier tout le monde pour la lecture de mes aventures! Chaque commentaire me fait extrêmement plaisir, merci beaucoup a tous, et merci a certains pour leurs traits d esprit d une finesse parfois impressionnante! (ils se reconnaîtront et ils savent que j adore)
Ayant trouve un travail correctement rémunéré et a peu près supportable (pêches et nectarines) j ai décidé de rester quelques temps ici, au fin fond de l Australie, au milieu des champs de tomates et de poires. Contrairement a ce qu on pourrait penser, malgré le réveil a 5h30 tous les matins, la vie est agréable, dans un monde qui m était jusqu alors totalement inconnu.
Sur les trois auberges de jeunesse australiennes que j ai fréquenté, chacune avait son propre style. Mais le Shepparton Backpacker Hostel reste au delà de tout ce qu'on peut espérer. Imaginez un instant : 80 personnes surdynamitées, jeunes et fous, de toutes nationalités, cohabitant presque les uns sur les autres, dans un plain pied de 200 mètres carrés.
Les chambres, pour la plupart des dortoirs de 12 personnes, seraient de nature a couvrir d urticaire les plus maniaques d entre nous (pas moi). Difficile de réunir toutes ses affaires, dans un bordel immense et joyeux. Un seul interet concernant ces pièces presque inutiles finalement: y dormir, et juste y dormir. La cueillette des fruits rend fort comme un turc, mais fatiguerait un marathonien kenyan.
Au milieu de l auberge : un lieu complètement magique. Un grand patio ensoleille qui constitue le lieu de vie commune. On y fait tout ce qui est possible: manger comme un allemand, parler chinois ou discuter autant qu'un espagnol, jouer a tous les jeux possibles et surtout au poker en pariant a l américaine, lire en japonais, pousser des rires coréens, danser a l italienne... ou boire comme un français.
La cuisine est un endroit fascinant : de 5h30 a 22h en continu, toutes les cultures et les couleurs se croisent, se rencontrent, se bousculent et s appliquent a préparer le meilleur des repas possible. Les immenses frigos renferment autant de secrets qu'une banque suisse. Difficile de retrouver ses aliments après 13h, mais ceux des autres sont toujours appropriables. Cependant, les plats sont d une grande variété, et les meilleurs toques semblent être les chinois. Dès la mi journée la pièces ressemble plus a une épicerie maghrebine abandonee qu a une cuisine. A 22 heures, fermeture des portes : ne reste plus qu un immense champ de bataille russe.
Avant de filer a l anglaise, je me régale de l ambiance exceptionnelle qui règne dans tout le backpacker. Tout le monde se connaît et tout le monde est (semble) heureux. Une sorte d auberge espagnole mondiale et en plus grand, avec des réminiscences de colonie de vacances au soleil. Un monde jovial et gai. Comme un grec.
09.02.2008
It s a free world...
Après quelques au revoir, j ai donc repris mes habits de backpaker en direction de Sheparton, petite ville au nord de Melbourne dont l unique interet réside dans la surabondance de travail dans la cueillette et la préparation de fruits. A mon arrivée, j obtiens le numéro d un dénommé Mohammed, qui me dirige vers un certain Ali Baba, dont le frère, Mustafa, propose de la main d oeuvre a un fermier local, John, producteur de tomates. Je décroche donc un boulot pour le lendemain 6h, pas pour la cueillette, mais dans la préparation des tomates.
Debout a 5h30, en peine forme, pret a aller affronter les tomates. Ali Baba, cueilleur, ouvrier, agence d interim, mais aussi agence de transport, nous amène donc à l entrepot dans un mini van aussi sale que mon (ex) appartement après une soirée de 100 personnes. Arrive là bas, pas de travail avant 10h30. Ali en profite pour nous présenter sa famille: tous dans le meme champ à cueillir des tomates, payés a la production, un dollar le sceau. Une chance, nous explique t il, à travers les milliers de mouches et autres insectes, véritables proprietaires du champ -et de toute la region.
Retour a l entrepot: toujours pas de travail avant 12h30. Ali explose, dans une langue inconnue -mélange de Turc et d anglais, ou seule la profusion de "fuck" et de "shit" me parait familière. Ainsi, après une attente interminable, au soleil dans le van, en compagnie de mouches toujours plus amicales, je peux enfin commencer mon travail: trier des tomates défilant sur des plateaux pendant 4 heures d affilée.
Le lendemain, nous héritons du travail habituel des asiatiques, ces derniers fetant avec bonheur leur nouvel an. Lotis d une combinaison hermétique, de gants et de masques, notre tache consiste à séparer des tomates deja coupées et à les empiler sur un chariot. Un travail de fous... ou de chinois. Cela pendant 8 heures avec deux pauses de 15 minutes, décomptées de la paie. Le fermier n ayant plus besoin de nous, rupture du contrat de travail. Contrat? Bien sur il n en est pas question. La flexibilité à l australienne. Et, m annonce Ali avec un grand sourire, aucun problème pour que je m appelle Georges Bush ou Jimmy Hendrix dans les registres. Avec tout ça, le surlendemain, la cueillette de poires à 35 dollars la benne me parait un travail correct. Sauf que sans aucune technique de cueilleur, je réalise la prouesse de remplir une benne... en une journée.
Ainsi va la vie au backpaker dans lequel je me retrouve - dont l ambiance est cependant plus qu exceptionnelle. De la main d oeuvre venu du monde entier, debout à l aube, où défilent des voitures et camionnettes avec au volant des ouvriers-agents d interim venus recruter des travailleurs payés à la production, pour un jour, deux, voire une semaine. Avec la possibilité de travailler 12h de suite, tous les jours, surtout le dimanche.
A méditer: le taux de chomage est deux fois moins élevé en Australie qu en France...
03.02.2008
Melbourne!!
Me voila a Melbourne, après avoir traversé les 1000 km qui separent les deux villes éternelles rivales (eh oui c est grand l'australie) Le voyage a été fantastique, d abord le long de la cote est, puis en rentrant dans les terres ( le fameux outback australien) Au menu du voyage, a bord d un Toyota Landcruiser vieux de 20 ans:
Des lieux extraordinaires plages désertes de sable blanc, petits villages portuaires, montagnes a perte de vue
Des rencontres, comme un illumine qui parcourait le monde a bicyclette depuis 3 ans et fêtait ses 59 ans, a qui, généreux, nous avons gentillement offert une bière; ou un avocat d affaires d un grand cabinet parisien en quête d installation a Sydney ( bien sur nous avons échangé nos e mails...)
Des trips: un trek en jeep au milieu du plus grand parc national de l État, a travers des rivières et des montagnes immenses (mes exploits de conducteur disponibles en vidéo); ou simplement posés autour d une bière le soir sur la plage a refaire le monde avec mon collègue Sven qui a déjà visite la moitie des pays de la planète...
Des galères, perdus au milieu d un orage au milieu de nulle part, ou juste en quête d une âme qui vive pendant 300 km...
Bref un voyage excellent sur tous les points et plein de surprises.. Et bien sur: j ai vus des tas de Kangourous!! Je compte bientôt goûter d'ailleurs.
J ai donc pu un peu découvrir Melbourne hier soir, belle ville plein d animation. Un grand club electro plein d asiatiques qui ne bougeaient que leur têtes. Aujourd'hui, un tour au St Kilda festival, sans trop savoir qu'on allait se retrouver au milieu du plus grand événement gay et lesbiens de la région...
Et je dois repartir demain pour un petit village au nord de Melbourne, toujours en quête de cueillette de fruits...



